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Envie de meutre en voiture?

Il faudra respecter certaines règles pour que la jurisprudence fonctionne.

Le 24 juin dernier, c’est la fête au Barachois à Saint-Denis. La communauté malgache fête l’indépendance de son pays. Il y a beaucoup de monde pour l’occasion et parmi la foule, un hummer s’arrête en double file pour se garer à proximité du Roland Garros. Le couple dans le véhicule devait y diner.

Mais en quelques secondes, la soirée tourne au drame. La conductrice, 57 ans, ne gare jamais le hummer, voiture imposante, anciennement utilisée dans l’armée. Elle laisse toujours son mari le faire. Alors qu’elle est au volant, son mari sort de la voiture, fait le tour par l’avant, pour rentrer côté conducteur. Le véhicule gêne le passage, les passants doivent la contourner, ça klaxonne et du coup, elle veut faire vite. Au lieu de sortir de la voiture, elle se glisse depuis le siège conducteur jusqu’au siège passager. Ce mardi devant le tribunal, impossible pour elle de savoir ce qu’elle a réellement fait comme mouvement : “Ce n’est pas facile, c’est flou dans ma tête”, avoue cette gérante de boutique au casier judiciaire vierge qui peine à parler clairement. Mais le tribunal conclut que son pied a dû appuyer sur l’accélérateur alors que le frein à main n’était pas enclenché et que la vitesse était en marche arrière.

Résultat : la voiture fait un bond vers l’arrière puis roule jusque sur le trottoir avant que la conductrice ne parviennent à freiner. Mais il est trop tard. Une famille qui marchait en file indienne sur le trottoir est percutée. Trois personnes sont blessées et un homme de 60 ans est en arrêt cardio-respiratoire. Il décédera sur place.

“L’absurdité de la vie. On essaye de bien vivre, manger, faire du sport jusqu’à 60 ans puis voilà”

Maladresse ? Imprudence ? Ses proches, en larmes dans la salle d’audience, sont sans haine à l’égard de la prévenue, assure leur avocat, “mais il y a cette colère de quand on perd un proche ; contre la prévenue, mais aussi contre l’absurdité de la vie. On essaye de bien vivre, manger, faire du sport jusqu’à 60 ans puis voilà”.

Pour la procureure, la quinquagénaire ne présente pas de danger pour la société. “C’est plus facile de haïr celui qui a conduit à toute vitesse, ivre, sans permis en récidive et plus facile d’envoyer cette personne là en prison”, explique-t-elle, avant de faire la différence entre la culpabilité et la responsabilité dans cette accumulation de petites fautes ce soir-là. “La souffrance n’est pas la même mais se lever tous les matins et dire qu’on a ôté la vie à quelqu’un, ça doit pas être évident non plus”.

La conductrice a donc été condamnée à 8 mois de prison avec sursis et la suspension de son permis pendant 6 mois.

Source modifiée de Zinfos 974

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