Let-L-410-cabin

Une hausse inévitable?

Depuis 2007, les billets de vol intérieur sont largement subventionnés par l’ex-Région et l’État. Mais le changement de collectivité et l’augmentation constante du trafic menacent le système.

À la fin du mois, l’avenir du Dispositif d’aides à caractère social (DACS) sera scellé. Ce dispositif permet de réduire sensiblement le prix des billets aériens intérieurs. À titre d’exemple, un aller-retour Cayenne-Maripasoula coûte 123,72 euros pour un résident de Maripasoula et 168,82 euros pour tous les autres, Guyanais ou non, alors que, sans les aides publiques, les mêmes billets coûteraient respectivement 405 et 401 euros. Le plus gros effort est produit par la Région, relayée depuis le début de l’année par la CTG, pour un coût total de 8 millions d’euros en 2015. L’État, lui, ne verse de participation que sur deux des cinq lignes (Cayenne-Maripasoula et Cayenne-Saül), pour une enveloppe plafonnée à 1,045 million d’euros par an.
PLUSIEURS SCÉNARIOS ÉTUDIÉS
Mais la situation va changer. L’avènement de la CTG et l’augmentation continue de passagers (31 800 en 2009, 54 000 en 2015) a poussé la nouvelle collectivité à demander un audit du DACS. Fin juin, le bureau d’études mandaté doit présenter aux élus plusieurs scénarios possibles pour le faire évoluer. Car le temps presse.
La concession passée avec Air Guyane pour assurer ces lignes ouvertes aux obligations de service public se termine justement fin juin. Elle devrait être prolongée le temps de prendre une décision. Et la CTG a budgété 8 millions d’euros (le montant de 2015) pour assurer le DACS cette année, même si on peut imaginer qu’il manquera de l’argent à la fin de l’année puisque le trafic continue d’augmenter.
Quid de l’avenir ? « On ne peut pas se permettre de supporter une croissance indéfinie » , met en garde Laurent Labarthe, chef de département à la CTG, qui souligne que « la Région avait compensé le plafonnement de la participation de l’État, en 2014, et que le billet n’a pas augmenté depuis 2007 » . Autant d’arguments qui semblent augurer d’une baisse de l’effort par passager de la CTG et donc d’une augmentation du prix du billet. À moins que la mise en concurrence de compagnies lors du renouvellement de la concession parvienne à absorber cette diminution. La question devrait définitivement être tranchée par les élus en septembre.
Création d’une station d’avitaillement à Saint-Laurent
La camionnette qui faisait tous les jours le trajet Cayenne jusqu’à l’aérodrome de Saint-Laurent avec 1000 litres d’essence en cargaison va pouvoir être remisée au garage. Car le site bénéficie désormais d’une station d’avitaillement et de stockage de carburant. La construction de cet équipement avait été initiée dès 2013 mais les travaux avaient été interrompus lors de la réfection de la piste de l’aérodrome. Désormais, cette station, qui peut contenir jusqu’à 15 000 litres de carburant (un avion en consomme 800 pour un aller-retour entre Cayenne et Maripasoula, par exemple) est en fonctionnement depuis le mois dernier. Son inauguration officielle ne devrait pas tarder. Grâce à ce nouvel outil, le trafic de fret devrait augmenter, comme le nombre des dessertes sur le Maroni. Il permet également de développer le projet de liaison vers le Suriname, avec la ligne Saint-Laurent-Maripasoula-Paramaribo.
Un trafic qui s’envole
Si le rythme de l’augmentation semble un peu se tasser, la hausse du trafic passagers et de fret demeure impressionnante. Et devrait encore progresser avec la création de la ligne Cayenne-Camopi via Saint-Georges, qui devrait être activée à la fin de l’année, si le budget suit. Les passagers étaient 31 800 en 2009, 38 600 en 2011, 48 400 en 2013, 51 569 en 2014 et 54 000 en 2015. La ligne Cayenne-Maripasoula est, de loin, la plus fréquentée. Elle a dépassé les 30 000 passagers par an en 2013 et se situait en 2015 à 34 000 (15 900 résidents et 18 100 non-résidents). Suivent Cayenne-Saül (6 300 passagers), Saint-Laurent-Maripasoula (5 500), Cayenne-Grand-Santi (4 100) et Saint-Laurent-Grand-Santi (3 900). Le fret a également fortement augmenté, passant de 350 tonnes en 2010 à 63 tonnes en 2015. Le nombre de dessertes a suivi cette évolution ; elles étaient 32 en 2010 et 63 en 2015, assurées par quatre avions Let L-410 de 17 places. Ces appareils ont été aménagés pour pouvoir partir en configuration fret et revenir avec des passagers.
Source : france guyane

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*